ACCOMPAGNEMENT

DES PERSONNES DÉFICIENTES INTELLECTUELLES

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Nous avons, au fil de nos réflexions, mis en évidence des éléments importants qui constituent la base d’un accompagnement positif et de qualité.
Vous retrouverez ces critères de qualité tout au long des fiches d’accompagnement thématiques. 

Retrouvez toutes les références théoriques et sites web en lien avec ces éléments à la page « Ressources« .

  • Comme nous l’avons déjà évoqué, les personnes déficientes intellectuelles développent davantage de problèmes physiques avec l’avancée en âge.
    C’est pourquoi une attention doit  être accordée à leur santé à chaque moment de la journée.
    Le problème principal réside dans le cumul des pathologies d’origine avec les pathologies liées au vieillissement “classique”.

     

    Chez chaque personne, le vieillissement sera vécu différemment mais on peut observer tout de même certains signaux tels qu’une plus grande fatigabilité, une perte de dynamisme, une perte d’autonomie, une perte de repères, l’apparition de nouvelles déficiences, …

     

    Avec la collaboration du médecin, des mesures peuvent être mises en place pour améliorer le quotidien de certaines personnes. Parallèlement, la place des soins au quotidien est croissante, entraînant un glissement des tâches pour le personnel éducatif.

  • Nous entendons par aides techniques tout le matériel adapté ou adaptable (manutention, déplacement, ergonomie) qui permet de soutenir les travailleurs au quotidien dans l’accomplissement de certaines tâches. Il s’agit parfois de petits trucs et astuces pour permettre aux personnes de garder une certaine autonomie.
    Dans chaque fiche pratique, nous évoquons les aides techniques utilisées ou développées par les membres de Ver…Vî. 

  • Ritualiser, maintenir les repères, favoriser un environnement sécurisant et serein

     

    Pourquoi ?

    Pourquoi est-il important de ritualiser davantage quand les personnes sont en processus de vieillissement ?

    Maintenir certaines habitudes et repères peut être rassurant pour les personnes déficientes intellectuelles âgées. Une relation de confiance instaurée par toute une série de choses mises en place en fonction des besoins de la personne faciliteront l’accompagnement de celle-ci, sa participation aux activités et aux différentes prises en charge médicales de plus en plus présentes avec l’âge. Nous proposons différents moyens pour rassurer les personnes dans chaque fiche thématique ( repas, soins corporels,…).

     

    Comment ?

    Il est important de toujours bien expliquer, verbaliser ce qu’il va se passer, et ce, à n’importe quelle occasion (voir ci-dessous l’onglet « Communiquer avec la personne »).
    Anticiper les étapes d’une activité ou d’un soin permet souvent de mieux préparer la personne psychologiquement, de la rendre volontaire, moins stressée ou angoissée. En fonction de la personne et de ses besoins, il s’agira d’anticiper une semaine avant et de répéter tous les jours ; par contre, pour d’autres, il sera préférable de préparer la personne la veille sans trop détailler car elle aura tendance à angoisser. L’accompagnant instaurera une relation de confiance, apaisante s’il s’agit de préparer la personne psychologiquement pour aller chez le dentiste ou simplement avant le coucher.

    L’attitude sécurisante consiste également à favoriser une ambiance générale sereine et propice au bien-être. L’ambiance sera adaptée à l’objectif visé et à la personne. Par exemple, tout sera mis en place pour créer la bonne humeur et le sentiment de fête s’il s’agit de l’inciter à participer à une activité musicale.

  • Observer les personnes permet d’être à l’écoute de leurs besoins et d’adapter son approche au jour le jour. En effet les compétences des personnes peuvent varier fortement d’un jour à l’autre et c’est ce qui va guider les professionnels dans leurs pratiques.
    Pour faciliter  l’observation quotidienne des personnes, certains services réalisent leurs propres grilles d’observations ou en utilisent des pré-existantes.
    C’est un outil indispensable pour les équipes (voir page Evaluer le vieillissement pour trouver des exemples de grilles d’observations).

     

    Prenons le cas des activités, où l’observation a toute son importance : 

    « Il faut accorder une vigilance particulière à la réaction de la personne lorsque l’on commence une activité. En effet, si celle-ci n’apprécie pas ce qui lui est proposé et qu’elle ne peut le communiquer de manière verbale, elle a peut-être d’autres manières de l’exprimer. De même, il est possible qu’elle n’ait pas compris, au début de l’activité, ce que vous vouliez lui proposer. » 1

     


    http://vitanime.be/adultes/construire-une-activite/

  • Pour communiquer avec des personnes déficientes intellectuelles vieillissantes, il y a certaines précautions à prendre et certaines attitudes à adopter.
    Des outils peuvent aider les professionnels à communiquer lors de certains actes quotidiens, notamment pour expliquer à la personne ce qu’il va se passer (pictogrammes, photos,…Voir la page Ressources).

     

    Voyons ici quelques conseils à adopter afin de communiquer clairement :

    • Se mettre à la hauteur de la personne quand on lui parle
    • Demander si on peut entrer dans sa bulle
    • S’assurer qu’elle entend bien ce qu’on lui dit
    • Demander de reformuler ce qui a été dit
    • Motiver la personne à participer en utilisant un mode de communication qui l’interpelle personnellement (par exemple : l’humour)
    • Faire des phrases courtes et claires
    • Utiliser des supports pour communiquer (pictos, photos)
    • Eventuellement toucher la personne pour capter son attention
    • Entendre et prendre le temps de décoder ce qu’elle dit
  • Les effets du vieillissement sur les personnes déficientes intellectuelles sont nombreux : lenteur, difficulté de compréhension, plus grande fatigabilité, moindre autonomie. Il est donc important d’adapter le rythme dans l’accompagnement des personnes déficientes intellectuelles vieillissantes car elles sont plus lentes et elles ont besoin de moments de pause plus fréquents. Et ce, dans tous les aspects du quotidien, à savoir, les repas, les soins corporels mais aussi les activités.

     

    Cela nécessite aussi un changement de point de vue, parfois difficile pour les équipes, qui doivent passer d’un travail centré sur l’acquisition de nouvelles compétences à un travail davantage centré sur le bien-être, le maintien des acquis et le deuil des pertes de compétences. Concrètement, cela signifie qu’il faudra adapter le temps d’accompagnement et donc le planning des équipes.

     

    Les dimensions de plaisir et de bien-être revêtent une plus grande importance étant donné que les personnes en processus de vieillissement sont moins actives, souffrent davantage de problèmes physiques et parfois de solitude. L’approche globale que nous prônons dans ce guide est basée sur le respect du bien-être de la personne et sur la promotion de son autonomie.

  • Selon le modèle de Deci et Ryan, le besoin d’autodétermination fait référence au fait que tout un chacun a besoin de se sentir à l’origine de son comportement. Ce besoin émane de la personne de manière intrinsèque et de son entourage qui va directement ou indirectement l’influencer.

     

    On confond souvent ce concept avec des notions telles que l’autonomie ou l’indépendance. L’autonomie renvoie à la capacité de décider, de choisir. L’indépendance concerne les capacités à  réaliser les activités de la vie journalière par soi-même, sans aide. L’auto-détermination, quant à elle, selon la définition de Wehmeyer et Sands, renvoie aux « habiletés et attitudes requises chez une personne, lui permettant d’agir directement sur sa vie en effectuant librement des choix non influencés par des agents externes indus »1. Les personnes sont naturellement enclines à intégrer les expériences qui leur permettent l’expression de leurs besoins. Deci et Ryan parlent d’un continuum d’autodétermination en fonction du degré d’internalisation.

     

    « Si l’on favorise le développement des habiletés en aidant la personne à acquérir de nouvelles possibilités (en posant des adaptations), on agit sur sa capacité à faire des choses mais aussi à décider, à faire des choix et à découvrir le plaisir d’agir. L’autonomie est directement liée à la notion de choix. »1

     

    En effet, plus une activité est intégrée, c’est-à-dire qu’elle rencontre les valeurs de la personne, plus elle sera autodéterminée ( voir page « Activités » ). C’est aussi pourquoi les loisirs où les personnes ont une perception de libre choix et/ou de plaisir favorisent davantage leur bien-être.  

     


    Haelewyck, M.-C., Nader-Grosbois, N. (2004), « L’autorégulation : porte d’entrée vers l’autodétermination des personnes avec retard mental ? » in Revue francophone de la déficience intellectuelle, 15, n°2, 173-186.

    http://vitanime.be/adultes/construire-une-activite/