LES ACTIVITÉS

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Lorsque les premiers signes de ralentissement et de fatigue apparaissent ou lorsque les personnes manifestent un moindre intérêt pour les activités, les accompagnants sont en droit de se demander : faut-il maintenir l’activité, l’adapter ou la supprimer ? Quel effort peut-on demander à la personne aînée et jusqu’où aller ? Faut-il imposer ou simplement proposer?

En fait, les théories de l’adaptation montrent que la majorité des personnes en situation de handicap s’adaptent bien aux changements auxquels elles sont soumises suite au processus de vieillissement. Elles sélectionnent, de façon instinctive, les situations ou les activités qu’elles réussissent le mieux et ainsi optimisent leurs capacités, tout en compensant leurs pertes. On peut donc dire qu’il est important, pour les personnes en processus de vieillissement, de maintenir les activités, ou en tout cas de continuer à leur en proposer.

Sur le site de Vit’anime consacré aux personnes polyhandicapées, on peut lire les nombreux avantages à faire participer les personnes à des activités. Lors des activités, elles vont pouvoir vivre des moments de plaisir qui favoriseront la stimulation de leurs sens. C’est aussi un vecteur agréable de maintien des apprentissages qui peut favoriser l’autonomie. Elles peuvent trouver dans les activités de loisirs une meilleure estime d’elle-même : à travers un regard bienveillant, elles se sentent reconnues et valorisées.

Par ailleurs, les activités offrent la possibilité à l’accompagnant d’apprendre à mieux comprendre la personne et grâce à cela, à pouvoir lui proposer des choix.

Toutes ces réflexions concernent les personnes en situation de handicap et les personnes en processus de vieillissement.

  • Chercher du sens pour la personne

    Si certaines personnes font preuve d’une passivité passagère lors des activités, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives mais plutôt vérifier objectivement si la personne est encore demandeuse ou pas. Les questions que se posera l’intervenant sont : « Quelle est l’histoire de la personne, son parcours, ses préférences ? Que réalise-t-elle encore avec plaisir ? Quelles sont ses compétences, comment l’aider à se valoriser ? La personne a-t-elle mal quelque part? Profite-t-elle de l’ambiance? »

    Ces questions de choix, de compétence, d’histoire de vie vont permettre de définir des activités qui ont du sens pour la personne et son entourage, lui offrant ainsi, un sentiment d’utilité, d’estime de soi et lui permettant de jouer un rôle valorisant pour elle et/ou les autres.

     

    Créer du lien

    Les idées d’activités possibles sont nombreuses et dépendent des intérêts de la personne. L’idéal est de favoriser le lien avec l’histoire de vie de la personne que l’on cherche à connaître dès son entrée en institution (les musiques ayant bercé son enfance, les activités qu’elle affectionne,…)

    Pour ce faire, on pourra lui proposer, lors d’activités, de partager des albums photos, des vidéos, de la musique. Les moyens de communication seront adaptés pour permettre l’expression du vécu personnel, outil de socialisation et de valorisation.

     

  • Adapter l’activité à la personne et non l’inverse

    Il faut sélectionner avec la personne les activités qui lui conviennent toujours et les adapter pour qu’elle puisse continuer à faire ce qu’elle aime. Le matériel, le moment et le milieu où se déroule l’activité doivent être réaménagés pour être compatibles avec les capacités de la personne. Il faudra peut-être aussi adapter l’intensité de soutien et apporter une aide physique pour que la personne puisse mener à bien l’activité. Ce sera un processus de transformation graduel qui nécessitera de la souplesse et des « allers-retours » dans les aménagements en fonction de l’état de santé physique ou cognitive et émotionnelle de la personne. 

    L’objectif est de s’adapter aux capacités et aux envies de la personne au jour le jour. Tout cela, bien sûr, dans les limites imposées par les contraintes institutionnelles. 

    Exemple : une résidente aime l’atelier cuisine mais elle est de plus en plus lente et demande un accompagnement constant. Plutôt que de la retirer de cet atelier, elle sera réintégrée dans un autre groupe où la cuisine est juste un support pour travailler les sens (sentir, toucher, goûter, chanter,…) et dans lequel il n’y a pas d’obligation de rendement, l’objectif est juste d’y participer, chacun à sa façon. 

  • Ne pas tomber dans l’excès d’activités

    Si être actif est positif pour le maintien d’une bonne condition physique et mentale, il ne faut pas tomber dans l’excès. Il ne s’agit pas de faire une course aux activités diversifiées. Proposer de la nouveauté sans arrêt risquerait de mettre la personne face à ses limites et donc en échec. Au contraire, il vaut mieux partir de ce que la personne sait faire et aime faire et apporter de petits changements progressifs. De même, il est parfois préférable de proposer une ou deux activités de courte durée (20 à 30 min par jour) et de soigner d’autres moments importants comme les déjeuners, les repas, les soins corporels.

    Enfin il est important de créer un endroit où il fait bon vivre et où l’on prend le temps d’être avec la personne, de l’accompagner dans le loisir qui correspond à ses attentes, qui lui donne un « plus » dans sa vie et lui permet de maintenir ses acquis.

  • Etapes pour concevoir et préparer son activité

     

     

     

     

    Ce schéma tiré du site www.vitanime.be résume les différents points à surveiller lors de la préparation d’une activité. Il a été conçu pour les personnes polyhandicapées mais cela est adaptable au public qui nous concerne. 

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ritualiser pour créer un cadre sécurisant pour les personnes :

    Ritualiser une activité permet à la personne de fonctionner de manière autonome plus longtemps : les automatismes facilitent le maintien de l’autonomie.

    • Le lieu des activités reste fixe : mise en place d’un certain confort.
    • Les activités sont proposées au même moment : moments choisis en tenant compte de rythme biologique des personnes, planifiées dans le temps avec une fréquentation fixe et régulière.
    • Les activités se déroulent toujours selon un même canevas : alternance entre les moments d’échanges, de travail, les moments d’action et les moments de pause, les relations de groupe et les relations individuelles.
    • Programmer l’activité avant son déroulement permet de prévenir la personne (via la parole, des pictogrammes, un agenda,…) de quand et où l’activité se déroulera, de ce qu’elle va y faire et avec qui. Cela permettra une meilleure orientation spatio-temporelle, de travailler la mémoire, de se projeter dans l’avenir et d’entrer en relation.
    • Programmer l’activité avant son déroulement mais également en parler après, s’inscrivent dans une démarche qui permet à la personne d’en retirer des bienfaits. Raconter l’activité à diverses personnes afin que le résident puisse partager son expérience, revivre des éléments importants pour lui,…

     

    Construire les activités à partir de ce que la personne connaît déjà et les décliner en différentes versions :

    • Différents types d’activités peuvent utiliser les « traces de vie » (partage de souvenirs par le biais de dias, photos, musique,… ).
    • Les éducateurs respectent les rituels de chacun mais ils peuvent aussi, quand cela est possible, essayer d’amener une certaine souplesse dans ces rituels afin que la personne puisse travailler sa capacité d’adaptation.
    • Les éducateurs rassurent les personnes qui angoissent avant une activité en détaillant l’activité et les participants en utilisant des supports connus et maîtrisés.

     

    Créer une ambiance sereine :

    • Privilégier les petits groupes;
    • Créer un lien avec le groupe : cela peut se faire en trouvant un nom pour le groupe, en créant une charte, en définissant un objectif final commun;
    • Être attentif à l’entente entre les personnes lors de la constitution du groupe;
    • Assurer une flexibilité : possibilité d’arriver plus tard, de partir plus tôt, de faire des pauses.

     

    Idées d’activités qui favorisent le bien-être et la quiétude
    • L’espace snoezelen, les massages, cuisiner des plats simples et odorants, un bain relaxant, piscine avec de l’eau chaude;
    • Sortir à l’extérieur pour prendre le goûter ou l’apéritif;
    • Réaliser un bouquet avec des fleurs cueillies dans le jardin;
    • Les soins esthétiques, la musique, la lumière tamisée-type“zen”, l’usage des huiles essentielles (attention nécessité d’être formé !), la gym douce, la messe pour certains,…

     

     

    Cibler les aides techniques nécessaires :

    • Adapter la luminosité pour faciliter la vision;
    • Organiser l’espace pour faciliter les déplacements, y compris pour les PMR;
    • Prévoir du matériel adapté;
    • Veiller à l’environnement sonore (bruit, résonance);
    • Adapter les vêtements de la personne à l’activité;
    • Proposer des boissons;
    • Etre attentif au confort thermique de la personne lors des activités;
    • Bonne position : coussin de soutien, couverture, changements de position réguliers pour les PMR,…

     

    Adapter le local où se déroulent les activités pour le confort des personnes :

    • Avoir du matériel adapté pour le personnel : tabouret roulant,… ; et les participants : chaise roulante en cas de fatigue;
    • Anticiper certaines difficultés : prévoir une chaise roulante en cas de fatigue, mise aux toilettes préalable;
    • Analyse de tâche : fragmenter la tâche en étapes à l’aide de pictogrammes;
    • Utiliser du matériel adapté, notamment pour faciliter la préhension, pour permettre à la personne d’être le plus autonome possible : boule adaptée sur un crayon, ouvre-boîte non coupant, jeu de l’oie ou jeu de quilles agrandis, coussins vibratoires, mandalas, perles,… Ce travail peut se faire avec l’aide des ergothérapeutes.
  • Le rôle de l’accompagnant pendant l’activité

    Le rôle de l’accompagnant pendant l’activité est multiple et porte sur plusieurs axes.

    Observer et communiquer :

    • Communiquer de manière adéquate avec la personne
    • Expliquer le déroulement de l’activité verbalement mais aussi avec des supports visuels et des pictogrammes, faire des phrases courtes et claires
    • La motiver à participer en utilisant un mode de communication qui l’interpelle en se basant sur sa personnalité, par exemple utiliser l’humour
    • S’assurer qu’elle entende bien ce que l’accompagnant lui dit, qu’elle le comprenne suffisamment et qu’elle voit bien ce qu’on lui montre
    • Pour l’accompagnant, il s’agira d’évaluer les capacités auditives et de compréhension de la personne pour lui expliquer l’activité de la manière la plus adaptée possible. Par exemple, ne pas parler fort si la personne entend très bien. Mais aussi d’entendre et prendre le temps de décoder ce qu’elle nous communique
    • Observer la personne pendant l’activité, ses expressions verbales, non-verbales et émotionnelles et ajuster l’activité en cas de besoin

     

    Porter une attention à la santé des personnes :

    • Prendre en compte les faiblesses physiques, comme l’épilepsie, ou les allergies dans l’utilisation de certains produits, faire attention aux courants d’air, utiliser des vêtements adaptés,…
    • Utiliser les activités qu’elles apprécient pour maintenir la condition physique : marcher pour aller à une activité extérieure, piscine, faire les courses avant de cuisiner,…

     

    Favoriser l’autonomie du participant :

    • Valoriser verbalement la personne, ne pas la mettre en échec face à quelque chose
    • Adapter les activités selon les préférences, les capacités des personnes
    • Donner la possibilité aux personnes de faire des choix concernant les activités qu’ils souhaitent réaliser ou non et mêm lui permettre d’arrêter un atelier s’il ne correspond plus à ses attentes
    • Observer ce que la personne aime, dans quel domaine elle est compétente pour lui proposer des activités adaptées. Encore faut-il que cela corresponde à ses attentes. Si l’envie est là, elle peut encore découvrir de nouvelles choses. C’est pouvoir partir aussi des capacités de la personne pour l’emmener vers des petites choses qu’elle ne sait peut-être pas faire parfaitement mais pour lesquelles un apprentissage est possible, vu ses capacités de départ.
  • Comment évaluer l’activité proposée ?

    • Afin de vérifier si l’activité est toujours en phase avec les besoins et les envies des personnes, on peut faire des sondages à l’aide de pictogrammes ou organiser des échanges réguliers avec les personnes. L’observation est un bon moyen d’évaluation également. 
    • Chercher le contact avec la personne et l’observer pendant l’activité permet de déceler des signes de fatigue ou d’énervement mais aussi de voir si l’activité lui convient et si elle y prend du plaisir.Si cela est nécessaire il faut adapter le type d’activité et les exigences à l’état de fatigue du moment de la personne. Il faut aussi respecter son souhait d’y participer ou non. D’un jour à l’autre les compétences des personnes peuvent varier fortement.
    • L’objectif est d’optimiser les compétences : on préférera réaliser quelques activités favorites plutôt qu’une variété d’activités différentes.
    • Afin d’assurer une continuité avec les personnes qui s’occuperont du résident après l’activité, on peut faire un retour sur le déroulement de l’activité à l’aide d’une fiche à remplir (il en existe des modèles proposés par l’AVIQ ou bien on peut réaliser un cahier de communication propre à la personne).